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10.05.2007
Se placer sous l'égide de
Sous l’égide de
[Sous la protection de]
Zeus, à peine parvenu au sommet du God40 (cf. la genèse du monde), sentit le cours de ses actions monter en bourses. La victime de l’OPA amicale avait pour nom Métis, déesse de la mémoire. La nounou avait joué un rôle crucial dans la guerre des Titans en faisant vomir à Chronos les frères et sœurs de Zeus, qu’il avait précédemment avalés. Ne sachant comment la gratifier, le nouveau boss opta pour le don de soi. Ce n’est pas la première fois qu’un mâle agit sans réfléchir. Une prédiction l’avait pourtant prévenu : « Si un deuxième fils Métis portera, alors plus puissant que son père il sera, et mal à la tronche tu auras ». Une fois ses hormones refroidies, Zeus réalisa la bévue. Et, cédant à l’usage en pareilles circonstances, il sauta sur la première idée venue, l’IVM : l’interruption volontaire de Maman. Il goba Métis (fâcheuse manie familiale) avant de vaquer à ses occupations divines. Quelques mois plus tard, en plein tournoi de pétanque olympienne (variante grecque), Zeus endura une terrible migraine, un mal qu’il ne connaissait qu’à ses maîtresses. Ne pouvant supporter la douleur plus longtemps, il se rendit chez son fiston, Héphaïstos. Le dieu forgeron eut beau se gratter la tête, il n’était pas médecin. Après avoir plaidé en vain son incompétence, il opéra à sa façon, la trépanation sauce Vulcain. D’un solide coup de marteau, il entailla le crâne de Zeus. En jaillit aussitôt une femme adulte, toute cuirassée et hurlante. Athéna venait de naître, après avoir achevé sa gestation in patero. Zeus, émerveillé, lui intima toutefois le silence. Ce n’était pas une raison pour jouer l’hystérique et brailler en tout sens, bordel de lui-même.
Tout rentra heureusement dans l’ordre. Athéna aimait beaucoup son papa, qui le lui rendait bien en retour. Surtout, l’intrépide faisait preuve d’une grande intelligence et d’une sacrée grande gueule. Elle devint la référence dans une foultitude de choses. C’était d’abord la déesse de la guerre, mais la guerre propre, comme on dira plus tard : on réfléchit, on planifie, et paf !, on frappe. Elle prenait l’exact opposé de son frère, Arès, qui évoluait davantage dans le registre brutal. Pour l’aider, elle reçut de son père une cuirasse magique, faite de peau de chèvre, l’égide. Quiconque se plaçait sous cette égide, était protégé de tout. À Athéna échut, en sus, la tête de Méduse, qu’elle ficha sur son bouclier afin de pétrifier ses adversaires. Ainsi parée, il devint dur de lui résister (ce qui n’est pas très fair-play, se plaindront ses victimes). Elle aida maints héros dans leur quête respective. Héraclès, Ulysse, Jason, vous croyez que c’est tout seul qu’ils s’en sont sortis ? Et bien, non il y avait une femme derrière ces morceaux de bravoure (toute vérité n’est pas bonne à dire, mais c’est un devoir).
Athéna fut également la protectrice de bien des villes. Pour faire bref, la miss plaça la barre très haut dans le monde antique. Plus héroïque que les hoplites, plus intelligente que la gent, plus belle que bien des stèles, Athéna était une référence pour tous les mâles. En plus, elle était vierge, comme l’huile de l’olivier qu’elle offrit aux Athéniens pour devenir leur patronne. À ce propos, une version tardive relate que le choix d’Athéna par la ville éponyme provoqua la punition de ses semblables. Les femmes de la cité avaient voté pour la déesse aux yeux pers, au dépend de Poséidon, le maquereau des eaux. Pour se venger, les hommes leur interdirent le droit de vote, celui de léguer leur nom à ses enfants, et d’être citoyenne. Fallait quand même pas que pareille initiative se répète à l’avenir. Et pourquoi pas une femme Présidente, pendant qu’on y est ?
08:55 Publié dans Mythologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Et pourquoi pas une femme Présidente ? Si c'est une déesse...
Ecrit par : Cyberman | 10.05.2007
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