22.03.2007
La genèse du monde, acte II
S’attirer les foudres de…
[S’exposer à la colère, au châtiment de…]
Ce coin, mon gars, c’est l’Olympe
[Domaine des dieux, lieu de vie paradisisaque]
Atlas
[Première vertèbre cervicale du cou, qui supporte la tête]
[Recueil de cartes géographiques]
Zeus, parvenu à l’âge adulte, sentit poindre un double sentiment. Un, il se sentait seul dans ce vaste monde, malgré ses potes crétois qui n’étaient, certes, pas des dieux. Surtout, il en voulait à son père de l’avoir rejeté. Pour satisfaire son désir de vengeance, il rendit visite à une tante Titanide. Heureuse de se découvrir un neveu, Métis accepta de l’aider. Zeus se fit enrôler à la cour de Cronos comme échanson, un type qui sert du pinard à table. Profitant d’une soirée de beuverie, il versa à son père une rasade de puissant vomitif, peut-être un concentré d’huile de foie de morue. Ni une, ni deux, Cronos se mit à dégobiller son midi. Et une surprise ; assez vorace et goulu, il avait avalé tout cru ses enfants. Et après le quatre-heures, le titan régurgita la pierre de substitution, suivie des autres marmots qu’il avait gloutonné. C’est ainsi que tous les frères et sœurs de Zeus retrouvèrent l’air libre. Hadès, Poséidon, Héra, et tutti quanti se payèrent une seconde naissance. Beauté de l’immortalité, ils avaient tous grandi au chaud dans le bide du pater et en sortirent adultes.
Aussitôt, la fratrie se tira sur Terre pour préparer la chute du père. Zeus, conscient de leur faiblesse numérique, se rendit dans le Tartare munie de la clé subtilisée, délivrer les cousins que Cronos avait enfermés. Les cyclopes, géants à cent bras et autres germains furent bientôt rejoints par quelques traîtres titans. Parmi eux, on retrouva des éléments de valeur. Prométhée qui, assez futé comme on le sait, avait présagé la chute de Cronos, et Nikê, déesse de la victoire, une alliée fort utile quand on part au combat (attention, il n’existe aucun lien avéré entre l’expression « comment je l’ai niqué » et cette respectable personnification).
La Rébellion put dès lors s’organiser. Les Cyclopes, en dépit de leur œil unique, étaient doués pour la technique. Pour Zeus, ils façonnèrent une arme terrible, des éclairs fulgurants. Quiconque s’attirait ses foudres, serait immanquablement châtié.
Une fois tous convenablement armés (passons sur l’équipement secondaire) les Dieux se lancèrent à l’assaut des Titans. La victoire fut aisée et Cronos acheva son règne en compagnie de ses frères dans le Tartare, qui en avait vu d’autres. Un de leurs alliés subit un châtiment plus poilant. L’ancien roi de l’Atlantide fut condamné à soutenir la voûte terrestre sur ses épaules. De là où il était, outre le fait que ça lui faisait mal ou cou, Atlas avait une vue panoramique imprenable sur la Terre. Quand ses vertèbres le laissaient en paix, il pouvait dresser de belles cartes géographiques.
L’ordre ancien étant tombé, il fallut organiser le nouveau. Zeus obtint la souveraineté sur la Terre , Poséidon régna sur la mer (pour pêcher à loisir avec son arme, le trident), et Hadès, le royaume souterrain des morts.
Pour fêter la victoire, et raffermir les liens entre frérots, Zeus demanda aux Géants de lui ériger une sacrée belle résidence. Il choisit le plus haut endroit du monde, le mont Olympe (depuis, il a un petit peu rapetissé) pour accueillir son complexe hôtelier six étoiles. Palais royal avec piscine chauffée, gigantesque discothèque, l’Olympe avait une capacité d’accueil de 4 000 dieux. Il y avait de l’hydromel à profusion et la bouffe des meilleurs marmitons. Royaume du bonheur, ça finissait en orgie assez régulièrement, et tous les Dieux aimaient à s’y rendre. Bref, c’était l’Olympe.
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