04.10.2005

Pourquoi les femmes peuvent dire merci au mariage catholique

Mariage: Union d’un homme et d’une femme au cours d’une cérémonie romantique (point de vue féminin) et ennuyeuse (point de vue masculin) à l'issue de laquelle deux êtres se retrouvent enchaînés l’un à l’autre pour le restant de leurs jours

 

 

 


Au Moyen-âge, pour les femmes, dehors c’était la zone. Dans les chaumières, ça craignait aussi. Le mariage n’était pas une affaire de cœur, c’était surtout une affaire d’hommes. A l’époque, on pouvait grosso modo diviser l’Europe entre deux mentalités :

- Au Nord (outre les corons), les Germains appréciaient la gent féminine, mais plutôt en profusion. Polygames, ils respectaient le beau sexe - rapport au culte maternel- et le craignaient aussi un peu –rapport à la magie-

- Au Sud, les descendants des Romains se livraient à une hypocrite monogamie. Par derrière, ça folâtrait gaiement dans les potirons avec maîtresses et cuisinières. A noter que les Sudistes n’aimaient pas trop le sexe faible et les cantonnaient dans les cuisines ou au lit, voire aux deux.

Bon sens hérité ou fichue manie, le fait est qu’en ces temps éloignés, la vision de la femme se résumait à un contrat d’alliance ou à une garantie d’héritage. Bref on s’échangeait les donzelles comme on s’échangeait une marchandise, un morceau de territoire, voire un chèque avec pleins de zéros derrière. Ce qui donnait dans les campagnes d’inédites tranches de vies comme :

- une franche rigolade. Ca copulait à droite à gauche, un homme avec ses concubines, une femme avec son neveu, le tout au beau milieu d’une belle farandole de gamins légitimes ou non.

- de fâcheuses manies. Pour s’enticher d’une autre potiche, les seigneurs mariés avaient le choix entre, répudier sa femme au nom d’un prétexte fallacieux (à l’époque la femme avait toujours tort, ce qui a pas mal changé depuis), ou l’estourbir ni vu ni connu dans les cuisines, ce qui était plutôt toléré. L’on notera que l’inverse est exact puisque les compagnes ont acquis une réputation d’empoisonneuses et contribué à la naissance du mythe de la sorcière.

Mécontents de tout ce tohu-bohu et charivari qui fichaient le bordel chez les seigneurs (protecteurs de l’Eglise, faite le lien) les penseurs catholiques ont contre-attaqué. Tout se joue au IVe siècle avec le dénommé Saint Augustin.

Désormais, le mariage sera monogame, indissoluble et formé par libre consentement des époux

Inutile de vous dire que l’annonce a fait l’effet d’une vraie bombe dans un milieu chez qui la notion d’égalité des sexes était aussi étrangère que l’idée de charité à Georges W. Bush. Mais, me direz-vous, pourquoi ont-ils eu cette idée de mariage :

- monogame ? Parce que le mariage entre l’homme et la femme symbolise l’union entre Dieu et l’Eglise, un lien exclusif. Et accessoirement, une profusion de descendants nés de mères différentes suscite inévitablement le boxon dès lors qu’il est question d’héritage.

- indissoluble? Pour éviter que l’époux davantage intéressé par la perspective d’enrichissement ne multiplie les unions comme Jésus Christ distribuait les pains. Aussi dur que cela pouvait paraître aux esprits chagrins, la femme n’est pas qu’une marchandise.

- par libre consentement ? Parce que l’Eglise admet que l’épouse, elle aussi, à un cœur. Elle a autant le droit à l’amour conjugal que l’époux sa partie de jambes en l’air. Accessoirement, cette directive luttait contre le mariage forcé et l’inceste, pratique fort répandue à l’époque.

Dans les faits, il faudra attendre quelques siècles pour que les mâles ne grognent un semblant d’adhésion à cette doctrine révolutionnaire. Si à l’époque, l’Eglise se place à l’avant-garde des droits de la femme, force est de constater que depuis, elle a plutôt pris du retard. Mais ceci est une autre histoire.

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